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Prix et variation

Volume d'achat et de vente taker sur Binance Futures : que compte-t-il si chaque échange a un acheteur et un vendeur ?

Shao Yu 2026-10-23 ~1900 mots Prix et variation
Couverture : sur fond sombre, une rangée de barres coupées par une ligne médiane, moitié haute framboise, moitié basse dorée, de longueurs variées ; à gauche, les mots 1 buyer, 1 seller
Les deux moitiés d'une barre, additionnées, donnent tout ce qui s'est échangé sur l'intervalle.

Sur une période donnée, 100 jetons échangés, cela veut dire que quelqu'un en a acheté 100 et que quelqu'un en a vendu 100. Le volume ne peut pas compter « plus d'achats que de ventes » : les deux colonnes sont toujours égales.

Le volume taker trie autre chose. Pour chaque transaction, il regarde qui est venu prendre l'ordre qui attendait déjà dans le carnet. Si l'acheteur a balayé les offres de vente avec un ordre au marché, la transaction compte en achat taker ; si le vendeur a frappé les offres d'achat, en vente taker. Davantage d'achats taker signifie que l'on était plus pressé d'acheter que de vendre — pas qu'il y avait plus d'acheteurs.

Maker et taker : qui « prend » dans une transaction

Les ordres posés dans le carnet, qui attendent une contrepartie, sont ceux du maker — celui qui fournit la liquidité. Celui qui arrive et s'y croise est le taker — celui qui la prend. Chaque transaction réunit exactement un maker et un taker. L'interface française de Binance garde ces deux mots en anglais ; mieux vaut les avoir en tête.

Le volume taker ne regarde qu'une chose, le côté du taker :

  • le taker achetait → la quantité va dans l'achat taker ;
  • le taker vendait → elle va dans la vente taker.

Dans la liste des transactions agrégées de l'API Binance, chaque ligne porte un champ m, que la documentation décrit ainsi : « Was the buyer the maker? » — l'acheteur était-il le maker ? Avec true, l'acheteur attendait et le vendeur est venu le chercher : vente taker. Avec false, achat taker. La donnée agrégée n'est que ce marqueur additionné par intervalle.

L'écart de frais entre les deux rôles est traité dans l'article sur le carnet d'ordres. Ici compte l'autre face : le taker est celui qui ne veut pas attendre et qui accepte de payer l'écart, et des frais en général plus élevés, pour être exécuté tout de suite.

Où trouver « Volume d'achat/vente Taker » sur Binance Futures

Sur le site Futures de Binance, le menu « Infos sur le marché » mène à la page « Données de trading ». En haut, on choisit USDⓈ-M ou COIN-M, puis le contrat (BTCUSDT Perpétuel par défaut) et l'intervalle, de « 5m » à « 1 J ». En descendant viennent, dans cet ordre : la position ouverte, les deux ratios long/short des meilleurs traders (comptes, puis positions), le ratio long/short général, puis le graphique Volume d'achat/vente Taker ; la base suit juste en dessous.

Ce voisinage avec les ratios long/short entretient la confusion, d'autant que le chemin de l'API s'appelle takerlongshortRatio. D'où l'expression « ratio long/short taker » qu'on croise parfois. Ce n'est pourtant pas la même famille que les ratios long/short des gros traders : ceux-là décrivent de quel côté sont les positions ouvertes, un stock ; celui-ci décrit qui a déclenché les transactions d'un intervalle, un flux.

Et il ne couvre que le marché des contrats à terme de Binance. Ce qui s'échange ailleurs, y compris sur le spot de Binance, n'apparaît pas sur ce graphique.

L'exemple de la documentation, chiffre par chiffre

La documentation de Binance ne liste que quatre champs de réponse pour cette donnée, avec ces valeurs d'exemple :

  • buyVol : 387.3300 — achat taker
  • sellVol : 248.5030 — vente taker
  • buySellRatio : 1.5586 — le premier divisé par le second
  • timestamp : le début de l'intervalle

387,33 ÷ 248,503 ≈ 1,5586 : le compte est bon. Au total, 387,33 + 248,503 = 635,833 ont été échangés, dont environ 61 % en achat taker et 39 % en vente taker.

Le timestamp est le champ qu'on lit le plus souvent à l'envers. La documentation écrit « Start time of the period » : la barre de cinq minutes marquée 10:00 contient ce qui s'est échangé entre 10:00 et 10:05, pas entre 9:55 et 10:00. Comparée à une bougie décalée d'un cran, la lecture se retrouve faussée.

Les bougies des contrats à terme ont un champ voisin : en plus du volume total, « Taker buy base asset volume », l'achat taker de la bougie. La vente taker n'y figure pas ; on l'obtient en retranchant l'achat taker du volume total.

1.5586 ou 1,5586 : lire les décimales sans se tromper

L'API et les graphiques renvoient les nombres avec un point décimal, à l'anglaise : 387.3300, 1.5586. En français on écrit 387,33 et 1,5586. Collé tel quel dans un tableur réglé en français, « 1.234 » peut être pris pour du texte, pour une date, ou lu comme un nombre de milliers selon le réglage régional — alors qu'il vaut 1,234.

Avant de recopier des chiffres dans un tableur, vérifier le réglage régional, ou remplacer les points par des virgules d'un seul coup, évite de diviser des milliers par des unités sans s'en apercevoir. Dans cet article, les chiffres repris tels quels de l'API gardent le point ; ceux des calculs prennent la virgule.

Beaucoup de ventes taker, ce n'est pas forcément des shorts ouverts

Sur les contrats à terme, un ordre de vente peut ouvrir un nouveau short ou fermer une position longue existante. La vente taker additionne les deux sans les distinguer.

L'inverse vaut aussi : celui qui veut ouvrir un short avec un ordre limite posé dans le carnet est maker quand il est exécuté. La transaction s'ajoute alors à l'achat taker, puisque c'est l'acheteur d'en face qui a pris la liquidité.

Les liquidations s'y glissent également. Quand une position longue est liquidée, le système vend à sa place ; dans le flux public des liquidations de Binance, l'ordre d'exemple est un ordre limite IOC (exécuté immédiatement pour ce qui peut l'être, le reste annulé), c'est-à-dire un ordre qui va chercher le carnet. Logiquement, il tomberait donc du côté de la vente taker — mais la documentation ne précise pas comment les liquidations entrent dans cette donnée, et ce n'est qu'une déduction. Lors d'une chute brutale, un bond des ventes taker peut contenir une bonne part de clôtures forcées, pas seulement de nouveaux paris baissiers. Ce que le total des liquidations laisse échapper est détaillé dans un autre article.

« Beaucoup de ventes taker = les vendeurs à découvert arrivent » saute deux questions : ouverture ou clôture ? choix ou liquidation ? Cette donnée seule n'y répond pas ; il faut regarder si l'intérêt ouvert monte ou baisse sur le même intervalle.

Pourquoi ce n'est pas « de l'argent qui entre »

On voit parfois l'achat taker présenté comme un « flux entrant ». Le calcul ne tient pas.

Ce que verse l'acheteur taker, le vendeur maker l'encaisse au centime près. Il n'y a pas plus d'argent sur le marché qu'avant : il a changé de mains. Beaucoup d'achats taker veut dire que, sur cet intervalle, les acheteurs ont accepté de payer l'écart pour être servis tout de suite. C'est une mesure d'impatience, pas d'entrées ni de sorties.

Pour savoir si de l'argent arrive vraiment, il faut regarder ailleurs : la hausse ou non de la position ouverte totale, ou les souscriptions et rachats des ETF au comptant, qui ont leurs propres pièges décrits dans le flux net des ETF.

Un ratio de 1,5 et un de 0,67 sont aussi déséquilibrés

Le ratio est une division, et une division n'est pas symétrique autour de 1.

Achat taker 60, vente taker 40 : ratio 1,5. À l'inverse, 40 et 60 : ratio 0,67. Le déséquilibre est exactement le même, dans l'autre sens, mais sur le graphique 1,5 est à 0,5 de la ligne du 1 et 0,67 seulement à 0,33. L'œil retient plus facilement la domination acheteuse. C'est la même arithmétique que « baisser de 50 %, remonter de 100 % ».

En part du total, le miroir saute aux yeux : 60 % contre 40 %, 40 % contre 60 %. La part d'achat vaut buyVol ÷ (buyVol + sellVol).

L'autre défaut apparaît aux heures creuses. Imaginons qu'en pleine nuit, sur cinq minutes, seuls 4 jetons s'échangent : 3 en achat taker, 1 en vente. Ratio 3. L'après-midi, sur cinq autres minutes, 1 000 jetons : 600 contre 400, ratio 1,5. Le premier ratio est deux fois plus élevé, avec derrière lui une fraction du volume. Avant le ratio, regarder la taille de buyVol et sellVol, ou allonger l'intervalle, évite de s'arrêter sur des barres gonflées par un petit échantillon.

Beaucoup d'achats taker et un prix qui ne bouge pas

L'intuition voudrait que des takers qui achètent sans arrêt mangent les offres de vente niveau après niveau, et que le prix monte. Parfois, il reste sur place.

La seule chose qu'on puisse affirmer : sur cet intervalle, des ordres de vente se reformaient au-dessus et absorbaient les achats. Un niveau disparaît, un autre le remplace, le prix ne bouge pas. Qu'il s'agisse d'un seul compte ou de plusieurs, d'une sortie de position ou de tenue de marché, la donnée ne le dit pas.

Même chose dans l'autre sens : beaucoup de ventes taker et un prix qui tient, ce sont des achats qui continuent d'apparaître en dessous. Ces moments où volume et prix ne collent pas méritent plus d'attention que le niveau du ratio, sans pour autant permettre d'en dire beaucoup plus. Les quatre combinaisons courantes du volume et du prix sont passées en revue dans que signifie un volume élevé.

Questions fréquentes

Un ratio taker supérieur à 1 annonce-t-il une hausse ?

La donnée parle de l'intervalle écoulé et de qui a pris l'initiative, pas de la suite. Le prix peut baisser pendant une période riche en achats taker, par exemple parce que des ordres de vente suffisants les absorbent au-dessus.

Les barres de volume vertes sous les bougies, est-ce l'achat taker ?

Non. La couleur suit la bougie (clôture en hausse ou en baisse) et la hauteur correspond au volume total. L'achat taker est un champ à part ; dans les bougies de l'API, il s'appelle Taker buy base asset volume.

Choisir 5 minutes ou 1 jour change-t-il la lecture ?

Oui. Sur un intervalle court, chaque barre regroupe moins de transactions et quelques gros ordres peuvent envoyer le ratio très haut ou très bas. Sur un intervalle long, il reste en général plus près de 1 et chaque barre en dit moins à elle seule.

Avertissement : le volume taker décrit qui a déclenché des transactions déjà passées ; il n'indique pas la direction du prix. Les contrats à terme utilisent l'effet de levier : une position peut être liquidée et la marge entièrement perdue.

Définitions tirées de la documentation développeurs de Binance, API des contrats USDⓈ-M : Taker Buy/Sell Volume, transactions agrégées (aggTrades) et bougies. Libellés de l'interface relevés sur la page « Données de trading » de Binance Futures en français. Consultations du 2026-10-23. Les valeurs buyVol et suivantes sont celles de l'exemple de la documentation ; 60/40 et 3/1 sont des chiffres choisis pour montrer le comportement du ratio.